L'accompagnement du deuil

 

GUÉRIR

C’est se souvenir d’avoir aimé sans recevoir un grand coup au ventre.
C’est respirer sans les tensions des sanglots étouffés.
C’est avoir la gorge libérée d’une grosse boule de tristesse.
C’est sortir de la longue incubation de la souffrance.
C’est naître à un monde nouveau insoupçonné jusque-là.
C’est être capable de vivre seul sans se sentir esseulé.

Autrefois, le deuil se vivait souvent dans une église, dans une relation au prêtre, avec des prières et des rituels collectifs ou personnels. Tout un système de croyances a été abandonné sans que rien de nouveau n’advienne, le prêtre a été remplacé par le médecin, voire par personne... C’est pourquoi l’accompagnement du deuil s’apparente, aujourd’hui, à une « démarche nouvelle » dans la relation d’aide car les familles à qui un deuil arrive ont besoin d’être prises en charge et de comprendre ce qui leur arrive et comment ils peuvent y réagir.

Ma pratique d’accompagnement vise à offrir à la personne en deuil des approches et des exercices lui permettant de progresser à son rythme dans son deuil. Pour ce cela, je vais, principalement, utiliser trois références :

- les 7 étapes du deuil définies par Jean Monbourquette

- le travail sur la recherche de sens tel qu'il a été théorisé par le psychiatre autrichien Viktor Frankl

- la méditation de pleine conscience parce qu'elle permet de s'ancrer dans le moment présent sans plus se soucier du passé ou de l'avenir

 

En fait, l'accompagnement, c'est avant tout :

  • un autre regard : Le regard est la fenêtre qui nous ouvre sur l’autre et nous permet d’entrer en relation avec lui. Regarder représente un premier geste, un premier pas, que l’on franchit pour manifester son accueil à l’autre. Comme le dit Charlotte Mémin, si "voir c’est dévisager, regarder, c’est envisager". C'est un regard libre et neuf pour accueillir l'autre et lui dire que tout est possible.

  • une autre parole : Elle se vit, d'abord, par l'écoute réelle et sans a-priori de la personne qui exprime sa souffrance, sans chercher à porter un jugement ou à poser un avis sur ce qui est entendu. Ainsi, l'endeuillé  peut-il réactualiser son vécu et son cheminement de vie à travers la narration, se ré-appropier son histoire de vie, lui redonner une cohérence, et réinventer la manière dont il souhaite habiter son histoire. N'oublions pas qu'accompagner, c'est, avant tout, comp-prendre, c'est-à-dire prendre avec, vivre avec la personne...

  • une autre présence : La relation d’accompagnement, contrairement à la relation professionnelle marquée par une asymétrie de pouvoir et de savoir, est une relation symétrique ou deux sujets se rencontrent et font route ensemble.

 

 

Ainsi, l'endeuillé peut-il passer des « pourquoi ? » aux « pour quoi... », c'est-à-dire découvrir ou redécouvrir que tout est possible et qu'un sens existe pour un nouvel avenir.